mercredi 22 février 2017

Les perspicaces (1)

Certains ont du flair :
 
Roger Price, Votez " Moi d'abord ",
traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Frédéric Brulent,
Wombat, 160 pages, 18 €
 
Roger Price était un humoriste états-unien, né en 1918, mort en 1990.
Auteur de romans, de comédies et dessinateur,
il créa dans les années 1960 une galerie d'art consacrée à la bande dessinée.
Le voici :

 
 

 

mardi 21 février 2017

Le retour de la Petite Dame

Jacques Roussilat, Maria Van Rysselbergue,
la Petite Dame d'André Gide,
Pierre-Guillaume de Roux, 270 pages, 24,50 €
Le nom de Maria Van Rysselbergue (1866-1959), alias la Petite Dame, n'est pas de ceux que l'on croise à la Une des journaux. Raison de plus pour en dire aujourd'hui deux mots.
Elle fut une grande amie d'André Gide (mais Gide fait-il la Une ?), une inconditionnelle même, et se lia avec d'innombrables artistes et écrivains de son temps : de Maerterlinck à Henri Michaux (Belges, comme elle) en passant par le cercle de La NRF (les éditions Gallimard). Mais Maria Van Rysselbergue a surtout laissé son nom à une œuvre unique en son genre : la tenue des Cahiers de la Petite Dame, entièrement consacrés aux faits gestes de l'ami Gide, depuis 1928 jusqu'à 1951, année de la mort de celui qu'elle surnommait " le Bipède ". Rédigé à l'insu de Gide lui-même, le document de la Petite Dame compte "plus de deux mille sept cent cinquante pages dactylographiées " qui furent publiées chez Gallimard à partir de 1973. " Combien de fois devra-t-elle, dit Jacques Roussillat, glisser sa copie sous la couverture ou dans un tiroir en entendant son voisin gratter à sa porte " (Gide et Maria étaient, en effet, voisins).
C'est sous le titre de Maria Van Rysselbergue, La Petite Dame d'André Gide, que paraît aujourd'hui cette bibliographie chargée de réhabiliter la confidente et ardent soutien de l'auteur des Nourritures terrestres (1897), des Faux Monnayeurs (1925) ou du Retour d'URSS (1936).

La Petite Dame et son Gide

lundi 20 février 2017

Samedi BD (22)

Au cœur de ce numéro 22 de SAMEDI BD (qui eut exceptionnellement lieu un troisième samedi du mois : rappelons que la réunion a habituellement lieu tous les deuxièmes samedis),
ces cinq albums :
 
Philippe Berthet & sylvain Runberg, Motorcity,
Dargaud,  64 pages, 14,99 €

Duhamel, Le Retour,
Grand Angle, 96 pages, 18,90 e

Rodolphe, Griffo, Dickens & Dickens,
Vents d'Ouest, 54 pages, 14,50 €

Valéry Vernay, Emilie Alibert, Denis Lapière,
Rose, Dupuis, 48 pages, 12 €

Navie, Carole Maurel, Collaboration horizontale,
Delcourt/mirages, 146 pages, 17,95 €
 

dimanche 19 février 2017

Du repos

Giuseppe Rensi, Contre le travail,
traduit de l'italien par Marie-José Tramuta,
Allia, 142 pages, 12 €
" Nous avons désormais devant nous tous les éléments qui permettent d'éclairer l'insolubilité radicale et éternelle du problème du travail.
Etant esclavage, le travail est contraire à l'essence spirituelle de l'homme, qui exige la totale liberté du jeu et de la contemplation. Dans le même temps, il est la condition sine qua non de la vie et, partant, de la vie spirituelle. Il faudrait pour jouir pleinement et librement de notre vie spirituelle, que tout nous fût donné sans travailler, car si le travail, c'est-à-dire notre vie, nous permet de nous procurer les moyens pour accéder à une vie spirituelle, il ne reste plus de temps, c'est-à-dire plus rien de notre vie, pour nous consacrer à elle. Comme il nous faut travailler pour obtenir la moindre chose, la vraie vie, la vie propre de l'esprit humain, nous reste interdite. "
L'auteur de ce raisonnement impeccable n'est pas un sociologue qui cherche à " rendre le travail supportable ", ni un chômeur, ni un homme politique se présentant à la plus haute fonction de l'Etat dans la France d'aujourd'hui.
Il se nomme Giuseppe Rensi, né en 1861 et mort en 1941 en Italie.
Ce philosophe et avocat rédigea son texte en  1923 et eut le mérite insigne de ne pas y aller par quatre chemins.
Yves Clot et Michel Gollac,
Le Travail peut-il devenir supportable ?,
Armand Colin, 244 pages, 22 €
 





samedi 18 février 2017

Que vivent les Alpes !

Dictionnaire thématique des Alpes, sous la
direction de Sylvain Jouty  avec le collaboration
de Daniel Léon, Glénat, 1024 pages, 27 €
Quel plaisir de vagabonder entre les pages de ce Dictionnaire thématique des Alpes ! Pour être sérieux (le libraire en donnera plus bas quelques preuves), l'ouvrage s'offre aussi à fouetter l'imagination. Tous les souvenirs, flous ou précis, qui furent emmagasinés durant nos séjours, ou nos passages, par ces montagnes se trouvent ressuscités à sa lecture. Ces torrents, ces petits lacs au printemps, ces formes géologiques, ces racines, ces airelles (baies " légèrement hypnotiques "), ces bouquetins, ces clématites, ces noms de lieux parfaitement magiques : Jungfrau, Val d'Aoste, Brienz, Engadine, Grandes Jorasses, Lauterbrunnen, col du Brenner...
Mais savez-vous ce qu'est un torrent ? Eh bien, c'est un " petit organisme hydrologique situé en amont du système fluvial, drainant les vallées de montagnes et alimentant les rivières et les fleuves en débit liquide et solide. " Savez-vous ce que désigne la nivation ?  Ou une nappe de charriage ?  Un poljé ? Un spigolo (à ne pas confondre avec un gigolo) ?
Ce vocabulaire, qui n'est pas dénué de poésie, nous introduit à l'important aspect scientifique de l'ouvrage. Celui-ci est divisé en sections : Géographie, Environnement ; Territoires ; Histoire ; Patrimoines, Cultures, etc., etc. Il donne les clés de la faune, de la flore, de l'humanisation, de l'équipement, du climat, de la géographie des Alpes.
Chaque notice est, de surcroît, rédigée dans une langue impeccable, dont raffole le libraire.
Un dictionnaire des Alpes qui comporte, pour finir, des entrées René Daumal, Corinna Bille, Ludwig Hohl, Rigoni Stern ? Le libraire en redemande.
Il va essayer de ne pas laisser retomber son enthousiasme à l'aide d'un petit traité intitulé L'Euphorie des cimes, où il est question de la montagne et de dépassement de soi. Puis, après sa journée passée auprès de ses clients, il ira se reposer.

Anne-Laure Boch, L'Euphorie des cimes,
Transboréal, 94 pages, 8 €

vendredi 17 février 2017

On a retrouvé Proust

Marcel Proust, A la recherche du temps perdu,
Quarto, 2408 pages, 35 €
En voulez-vous la preuve ? Voici la photographie issue d'un petit film exhumé par Jean-Pierre Sirois-Trahan , un chercheur canadien et authentifié par les proustiens.
Selon le journal Le Monde, " il s’agit d’un film de mariage, celui d’Armand de Guiche et d’Elaine Greffulhe, qui montre l’aristocratie du faubourg Saint-Germain. Parmi les invités de marque, un inconnu. A la différence des autres hommes, coiffés pour l’occasion d’un haut-de-forme et habillés d’une jaquette, l’homme porte un chapeau melon et un pardessus gris perle. Il descend précipitamment les escaliers de l’église de la Madeleine, à Paris (à la 37e seconde dans la vidéo). "
Le libraire ne pouvait manquer cet instantané.


jeudi 16 février 2017

Le roman de demain

Sophie Divry, Rouvrir le roman,
Notabilia, 208 pages, 14 €
" Finalement, c'est une idée simple, affirme Sophie Divry à la première ligne de son essai. Pour moi,
le roman, loin d'être un genre mort, bourgeois ou dépassé, réservé aux amateurs d'histoires simples, demeure un genre des plus inclusifs et des plus féconds pour engager la littérature dans des voies créatives nouvelles. Le roman n'est pas contraignant, compromis, pauvre, forcément narratif, vulgaire ou corrompu. Plus que jamais, il est, comme disait Virginia Woolf, " le plus hospitalier des hôtes ", réfractaire à toute limite, monstre hybride et stimulant, ouvert à toutes les fantaisies (...) ".
Il n'y a plus qu'... Ou, comme disent les amis anglais : " the proof of the pudding is in the eating ", c'est à ses fruits que l'on connaît l'arbre.
Du reste, les huit romans sélectionnés pour le Prix des Lecteurs A la Page 2017, prouveront sans doute que Sophie Divry a raison. Incessamment. Tenez-vous informés.
Jury en pleine action (2016)